Se protéger du pistage

Ce dossier n'est plus mis à jour et peut être obsolète.

Depuis les révélations d'Edward Snowden en juin 2013 (programme PRISM), nous sommes certains de la surveillance de masse qui a lieu de la part des gouvernements et des multinationales (citons par exemple Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) sur les citoyens. Les affaires comme Vault 7 en mars 2017 (une surveillance plus ciblée que PRISM) ou bien les lois sur le renseignement en France et en Suisse, nous rappellent l'échelle de cette surveillance.

Échapper entièrement à cette surveillance, tout en continuant à utiliser les nouvelles technologies, est quasi-impossible (si ce n'est impossible) et peut s'avérer très complexe. Cependant, quelques méthodes simples existent pour s'en prémunir, nous allons essayer d'en lister quelques-unes ici.

La plupart des applications présentées dans ce document sont libres/open source et/ou de confiance. En effet, l'avantage du logiciel libre/open source est qu'il est possible pour tout développeur de lire le code source, et donc de voir et corriger les failles de sécurité. Bien sûr il y a d'autres avantages et il y a des inconvénients. Aussi, toute application libre/open source ne mérite pas une confiance aveugle, tout autant qu'une application propriétaire ne mérite pas notre désapprobation, si l'organisation qui la gère est transparente et de confiance.

Considérant que Google Chrome appartient à Google, Internet Explorer à Microsoft et Safari à Apple, que ceux-ci pistent notre activité en ligne (quoi qu'Apple semble faire des efforts avec Safari, mais il reste limité à l'environnement Apple), il nous reste les possibilités suivantes :

Mozilla Firefox : Il s'agit du navigateur le plus connu de cette liste. Il est très performant, régulièrement mis à jour, possède une interface moderne et est géré par une organisation à but non lucratif. C'est vers lui que je conseille de se tourner.

Pale Moon : Fork (clone) de la version 24 de Mozilla Firefox. Depuis, le projet évolue indépendamment. Il possède des extensions et il est possible personnaliser l'interface du navigateur.

Tor Browser : Basé sur Mozilla Firefox mais avec un réseau propre (le réseau Tor) permettant d'anonymiser (au mieux) sa navigation.

Waterfox : Waterfox est un clone de Firefox qui est paramétré de façon à accentuer le respect de la vie privée, ainsi que les performances et la sécurité.

Falkon

Ensuite, il y existe d'autres navigateurs intéressants, mais basés sur le moteur de rendu Blink, développé par Google.

Chromium : Chromium, c'est la version de développement de Google Chrome. Il s'agit de la partie open source du navigateur de Google et ne possède pas l'ensemble du système de pistage que Google Chrome intègre. Pour les utilisateurs de Google Chrome qui désirent utiliser un navigateur plus respectueux tout en gardant les extensions de Google Chrome et/ou son interface, il s'agit d'une alternative envisageable. Il faut par contre bien penser à faire régulièrement des mises à jour manuellement, car elles ne sont pas automatiques. Les autres solutions restent tout de même (largement) préférables.

Brave : Basé sur le même moteur de rendu que Google Chrome (c'est-à-dire que le rendu des sites est identique sur les deux navigateurs). Il intègre nativement un bloqueur de publicités et un bloqueur de traceurs.

Et encore d'autres alternatives semblant être intéressantes mais dont l'ouverture du code laisse à désirer et dont le respect de la vie privée peut être mis en doute :

Tous deux sont basés sur le même moteur de rendu que celui de Google Chrome (nommé Blink).

Rappel : un moteur de rendu est ce qui gère l'affichage des pages internet. Si deux navigateurs utilisent le même moteur de rendu et la même version de ce moteur de rendu, alors l'affichage des sites sera le même sur ces deux navigateurs. Ce qui différenciera donc les deux navigateurs (à part leur nom, leur logo, etc.) ce sera les fonctionnalités que chacun propose (extensions, personnalisation de l'interface, intuitivité de l'interface...). {: .info }

À la question « pourquoi Google Chrome est le navigateur le plus utilisé ? » la réponse est très simple. Google a fait (et fait encore) de la publicité pour son navigateur sur ses sites internet (Google, YouTube, etc.). De plus, Google a aussi fait de l'installation forcée via d'autres logiciels (Adobe Flash Player, µTorrent, CCleaner, etc. ; simili-preuve).

Une fois le navigateur sélectionné, il reste encore possible de se protéger du pistage, toujours assez simplement, en installant des extensions pour navigateur.

Extensions pour navigateur

Ne sont listés ici que des extensions compatibles pour Mozilla Firefox et ses dérivés (à quelques exceptions près), car Google Chrome, Internet Explorer et Safari ne sont pas compatibles avec la protection contre la surveillance de masse, car ils appartiennent respectivement à Google, Microsoft et Apple, et ne sont pas libres. Pour les autres navigateurs (ou même ceux susmentionnés), il vous faudra effectuer quelques recherches pour trouver des extensions similaires. {: .info }

Après avoir choisi votre navigateur, il est possible de s'attaquer aux extensions de celui-ci, afin de limiter le pistage fait par les sites que vous visitez. Voici quelques extensions intéressantes :

uBlock Origin : Extension la plus importante ; elle bloque le pistage publicitaire et de nombreuses requêtes qui servent à vous pister (donc, en plus de ne plus subir la publicité, vous êtes moins pisté).

Petit rappel : la publicité est le principal motif du pistage (en plus de la surveillance), car en pistant les individus, il est possible de leur créer un profil publicitaire, pour faire de la publicité ciblée.

Privacy Badger : Analyse les cookies qui sont déposés sur votre ordinateur et bloque ceux qui semblent n'être utilisés que pour vous pister (le programme « apprend » seul, via un algorithme).

Skip Redirect : Évite certaines redirections inutiles pour vous amener directement à la page voulue (ces redirections ayant pour but de vous pister pour faire des statistiques). Cela permet aussi d'effectuer moins de requêtes et donc d'éviter d'utiliser de la bande passante pour rien.

Decentraleyes : Certains sites, pour des raisons qu'il serait inutile de citer ici, vont récupérer des fichiers qui se trouvent sur d'autres serveurs (à eux ou non). Certains de ces serveurs ont pour seul but de transmettre des fichiers fréquemment utilisés par les sites internet (bibliothèque CSS, framework JavaScript, etc.). Cependant, ces serveurs peuvent être utilisés pour vous pister. Ce que propose l'extension, c'est d'avoir ces fichiers sur sa machine, pour éviter des requêtes vers ces serveurs.

au-revoir-utm : Certains sites, pour savoir d'où vous venez (de leur logiciel, d'une newsletter, etc.), ajoutent des paramètres à leur URL, souvent sous la forme « utm_* » (car reconnu par Google Analytics, un outil de statistique gratuit proposé par Google, très réputé). Cette extension supprime ces paramètres.

Smart Referer : Lorsque vous cliquez sur un lien, l'URL sur laquelle vous étiez est fournie au site que vous allez visiter, cette extension empêche cette information d'être envoyée au site.

Redirect AMP to HTML : Redirige les pages AMP vers leur équivalent HTML. Si vous ne comprenez pas le jargon, ce n'est pas très grave, retenez juste ceci : cela vous évite d'être pisté par Google et évite d'utiliser une technologie destructrice.

Exodify : Affiche, sur Google Play, le nombre de traceurs qu'une application possède.

Et quelques autres extensions que je considère un peu moins intéressantes mais qui peuvent s'avérer pertinentes à partager :

Privacy Settings : Ajouter à votre navigateur une interface pour vous permettre de gérer quelques paramètres de confidentialité.

Il existe évidemment d'autres extensions pour vous protéger du pistage, par exemple NoScript ou uMatrix, mais celles-ci bloquent plus de requêtes et peuvent gêner la navigation si vous ne les maitrisez pas.

Il y existe une possibilité alternative, intéressant mais incompatible avec les autres outils : il s'agit d'AdNauseam. Cette extension pour navigateur « clique » sur les publicités, en arrière-plan de votre navigation, pour limiter la possibilité d'établir un profil sur vous et pour faire payer inutilement les clics à ceux qui publient les annonces. C'est intéressant mais sûrement assez limité (les faux-clics peuvent être détectés et votre profil peut être établi à partir d'autres données).

Concernant la configuration de ces extensions, elle n'est pas abordée ici, car il serait inutile de le faire, puisque les extensions elles-mêmes le font bien mieux que je ne le pourrais.

Si vous souhaitez découvrir plus d'extensions, voici quelques articles à lire :

Et aussi un article intéressant à lire sur le pourquoi bloquer les publicités : Faut-il bloquer les publicités ?.

Aussi, il y a des applications qui bloquent la publicité qui sont à éviter, par exemple AdBlock, AdBlock Plus et Ghostery, auxquels il faut préférer uBlock Origin précédemment cité.

Petit rappel : ce que l'on nomme bloqueur de publicités est improprement nommé. Les outils qui bloquent la publicité bloquent aussi, la plupart du temps, les pisteurs, les cryptomineurs, les contenus bloquants, etc. (par exemple, uBlock Origin se décrit lui-même comme un bloqueur à spectre large (wide-spectrum blocker en anglais). {: .info }

Moteur de recherche

Google est sans surprise le moteur de recherche le plus utilisé, à tel point que l'on peut oublier qu'il y en existe d'autres. Nous n'allons pas ici parler de Bing (qui appartient à Microsoft) et de Yahoo!, mais de moteurs de recherche qui protègent votre vie privée.

DuckDuckGo : Moteur de recherche étasunien qui n'enregistre et n'analyse pas les recherches, protégeant ainsi votre vie privée. Les résultats sont pertinents, avec beaucoup de fonctionnalités, certaines présentes sur Google (calculatrice, carte...), d'autres absentes sur Google (bangs, pense-bête développeur...) et d'autres qui manquent (l'affichage de l'encadré des actualités par exemple).

Quelques points négatifs :

Qwant (et Qwant Lite) : Moteur de recherche franco-allemand respectant la vie privée des utilisateurs en n'enregistrant pas les recherches. Il ressemble à DuckDuckGo, mais possède une interface moins épurée. Il semble posséder moins d'inconvénients que DuckDuckGo et propose de plus une interface pour les actualités (à la manière de Google Actualités).

StartPage : Ce moteur de recherche fait le pont entre votre machine et Google : vous effectuez une recherche sur StartPage, qui demande les résultats à Google, puis vous les affiche. Ainsi, Google ne sait rien de vous. Cela constitue, selon moi, un risque, car Google peut bloquer StartPage dès qu'il le souhaite. De plus, cela continue d'alimenter en données les serveurs de Google.

Encore d'autres alternatives semblent exister mais paraissent moins intéressantes :

Lilo : Chaque recherche vous donne une « goutte ». Vous pouvez ensuite reverser ses gouttes à des projets humanitaires, qui se transformeront en argent. Il s'agit d'un méta-moteur de recherche qui va chercher ses résultats sur les autres moteurs de recherche (comme Google, Yahoo!, etc.) et affiche de la publicité depuis Microsoft AdCenter, comme DuckDuckGo. Le respect de la vie privée semble être au cœur du projet.

Ecosia : Les recherches affichent de la publicité. Ces publicités font gagner de l'argent à Ecosia, argent qui est utilisée pour la plantation d'arbres partout dans le monde. Comme DuckDuckGo et Lilo, Microsoft AdCenter est utilisé pour afficher de la publicité. Cette alternative n'est cependant conseillée que pour une démarche écologique, car le respect de la vie privée n'est pas central au projet, et vos informations sont envoyées à Microsoft.

Swisscows : Semble être une alternative intéressante, mais ne sachant pas grand-chose dessus, je préfère la mettre à part. La page relative à la protection des données semble indiquer que le moteur de recherche respecte la vie privée de ses utilisateurs.

findx

Tous ces moteurs de recherche affichent de la publicité afin de pouvoir payer les serveurs, les employés, financer des projets humanitaires, etc. Vous pouvez néanmoins la désactiver dans le cas de DuckDuckGo via un paramétrage ou utiliser un bloqueur de publicités pour les autres, ce qui n'est pas forcément conseillé, car ces projets ont besoin de la publicité pour être pérenne. Je considère que pour ces services, notamment ceux de Qwant, il est préférable de garder la publicité affichée, contrairement aux services de Google et consorts, car ici la publicité ne se base que sur la recherche et non sur des informations personnelles de l'internaute. De plus, celle-ci est plus discrète et sert à rémunérer de biens plus petites entreprises.

L'idée ici n'est pas de détailler chacun de ces moteurs de recherche, cela a déjà été fait ailleurs, mais simplement de rappeler leur existence avec une brève description. Il est aussi important de savoir, que si vous vous décidez à changer de moteur de recherche, cela pourrait vous prendre un peu de temps, car chaque moteur a sa façon de répondre aux requêtes.

Aussi, aucun de ces moteurs n'est libre ou open source, on ne peut donc pas vérifier leur code source, on ne peut que leur faire confiance. De plus, aucun ne semble utiliser entièrement son propre robot d'indexation (DuckDuckGo et Qwant se basent sur les résultats de Bing, et StartPage se base sur Google). Il existe un métamoteur de recherche qui est libre : searx (instance de La Quadrature du Net). Je le mets à part, car je trouve les réponses moins pertinentes que sur les autres moteurs de recherche et son utilisation est plus technique. Cependant, contrairement aux autres métamoteurs cités, celui-ci permet de personnaliser les sources de recherche, ne contient aucune publicité et le code source public fait qu'il existe par « instances ». En savoir plus sur le site officiel.

Cartographie

Autant le dire tout de suite : aucune application de cartographie n'est aussi avancée et complète que Google Maps. MAIS, il existe tout de même des alternatives. La plus connue est OpenStreetMap, une carte du monde que chacun peut modifier : tout est modifiable. OpenStreetMap est le Wikipédia de la cartographie.

OpenStreetMap : La carte d'OpenStreetMap n'est pas la meilleure, mais c'est sur les données de cette carte que se basent (presque) toutes les autres cartes. De plus, c'est là que se passent les éditions de la carte du monde. Contribuer à OpenStreetMap.

Qwant Maps : Qwant Maps est l'alternative la plus intéressante à Google Maps puisqu'elle présente les données de la même façon que celui-ci.

Mapy.cz : Mapy.cz est un service tchèque dont le fonctionnement est proche de Google Maps / MAPCAT.

Mappy : Permet de découvrir rapidement les restaurants, hôtels, cafés, etc. d'une zone. Elle propose aussi l'affichage en 360° d'une rue, comme Steet View sur Google Maps.

OSMAND (pour mobile seulement) : Permet de remplacer Google Maps sur mobile.

Mapillary : Carte collaborative d'images de lieux, là aussi un peu à la façon de Street View de Google Maps, mais seulement avec des photos (pas de vue à 360°).

MAPS.ME (pour mobile seulement)

CityZen (pour mobile seulement)

Transportr : Application mobile Android pour le transport.

Magic Earth (pour mobile seulement)

Transformap Viewer

Maps

OpenStreetCam

OSRM

OpenStreetMap 2008 : Comparaison entre OpenStreetMap 2008 et OpenStreetMap d'aujourd'hui.

Surveillance under Surveillance (carte des caméras de surveillance)

F4map : Démonstration de l'affichage d'une carte avec les bâtiments en trois dimensions.

Transformap

OpenTopoMap

BRouter

Openrouteservice Maps

Pour compléter ces cartes (et les rendre plus attractives que Google Maps), n'hésitez pas à vous inscrire sur OpenStreetMap pour modifier ce qui serait incorrect ou compléter ce qui manque (numéros de rue, parkings, boulangeries, commerces, etc.). Des applications mobiles comme StreetComplete Jungle Bus ou peuvent vous assister.

Il est aussi possible de passer par le service de cartographie du gouvernement français pour avoir une vue satellite : Géoportail (cependant, seule la France semble nette ; voir aussi Géoportail - Carte IGN).

L'IGN français (Institut national de l'information géographique et forestière) propose aussi un comparateur de carte à travers le temps : Remonter le temps - IGN.

Et il est aussi possible de comparer plusieurs cartes différentes grâce à l'outil Map Compare.

Suite bureautique

Les suites bureautiques sont peu nombreuses. On peut en citer essentiellement deux que sont Microsoft Office et LibreOffice. Ici, c'est LibreOffice qui va nous intéresser, car Microsoft Office appartient à Microsoft.

Contrairement à Microsoft Office, LibreOffice est gratuit, libre et est gérée par une organisation à but non lucratif.

LibreOffice, possède cependant deux logiciels en moins que Microsoft Office :

Pour le client de messagerie, il suffit de lire la partie « Client de messagerie », de télécharger un logiciel à part.

Pour le logiciel de prise de note OneNote, je ne connais aucun logiciel libre équivalent. Voici cependant une liste de logiciels (libres) de prise de note : QOwnNotes, Laverna, Simplenote, Zim, Turtl, cherrytree, Lifeograph, Standard Notes. Et quelques solutions plus techniques : TagSpaces, Org mode, Taskwarrior.

Ces solutions de prise de note peuvent aussi être utilisées comme des alternatives à Evernote, Google Keep, Microsoft To-Do, etc.

Concernant les suites bureautiques, ONLYOFFICE semble être une alternative intéressante, mais ne l'ayant pas assez essayé, je ne pourrais en dire plus. Elle semble avoir assez peu de fonctionnalités mais semble pouvoir répondre aux besoins de base.

D'autres alternatives (propriétaires) :

Système d'exploitation

Ordinateur

Nous allons nous attaquer à un gros morceau : le système d'exploitation. Il y en existe trois grand public : Windows, macOS et Linux (parfois appelé GNU/Linux).

Comme vous vous en doutez, Windows appartenant à Microsoft et macOS à Apple, le système d'exploitation qui va donc nous intéresser ici est Linux.

Contrairement aux deux autres systèmes d'exploitation, Linux est libre et peut être amélioré par n'importe qui ayant des connaissances informatique. Aussi, il fonctionne par « distributions » ; une distribution, c'est le système d'exploitation (Linux) auquel on ajoute quelques surcouches : pilotes, logiciels, environnement graphique, environnement de bureau, etc.

Cela fait donc que vous ne téléchargez pas Linux mais une distribution (qui contient Linux). Et il existe beaucoup de distributions :

Les deux plus connues du grand public sont Ubuntu et Linux Mint, c'est donc l'une de celle-ci que je vous conseille pour débuter.

Concernant l'installation, elle n'est pas insurmontable mais peut s'avérer complexe pour des personnes n'ayant pas assez de connaissances informatiques. Pour ces personnes-là, il est conseillé de demander à quelqu'un de votre entourage, qui s'y connait, de vous aider ; cette personne pourra vous aider à l'installation, à la configuration, à la personnalisation et vous assister en cas de problème.

Pour l'utilisation, une fois installée, elle ne change guère de Windows pour les usages basiques que sont la navigation internet, l'impression de documents, l'affichage de photos et de vidéos, le traitement de texte, etc. Il y a bien sûr un temps d'adaptation : c'est nouveau, l'interface change, mais, cela n'est pas insurmontable.

Pour des usages plus avancés, cela dépend de l'usage, je ne vais pas m'étendre là-dessus, excepté que Linux est très adapté au développement informatique.

Pour ceux qui ont absolument besoin d'un logiciel qui n'est pas disponible sur une distribution Linux mais qui est disponible sur Windows, il est possible d'utiliser Wine, un logiciel qui permet d'installer des applications Windows sur Linux ; toutes ne sont pas compatibles, mais cela peut pallier certains manques.

À savoir : il y existe d'autres systèmes d'exploitation comme BSD qui est, comme Linux, distribué par « distributions » (ce n'est pas exactement ça, mais on s'en contentera) ou ReactOS qui essaye de reproduire l'environnement de Windows, mais en tout-libre. Ces solutions sont cependant moins grand public et ReactOS est encore au stade d'alpha, et ce depuis un certain temps.

Mobile

Les deux grands systèmes d'exploitation mobiles que sont Android et iOS, appartiennent respectivement à Google et Apple, deux géants de l'industrie du numérique.

Voici donc quelques solutions alternatives :

LineageOS : Il s'agit d'une version d'Android qui ne vous bride pas : vous avez un accès total à tout le contenu de votre téléphone. Cela vous permet de vous débarrasser des applications Google et des applications constructeur.

Replicant : Similaire à LineageOS, excepté que la vision du tout-libre est une composante majeure du projet.

Sailfish OS : Système d'exploitation pour mobile compatible avec la plupart des applications Android. Toutes les composantes ne sont cependant pas libres.

OmniROM : Semblable à LineageOS.

Librem 5 : Il ne s'agit pas là d'un système d'exploitation mais d'un téléphone qui embarque une distribution Linux prévue pour mobile. Le logiciel libre et le respect de la vie privée sont au cœur du projet.

/e/

postmarketOS

Copperhead

Aussi, il est possible de ne plus passer par le Play Store et de n'utiliser que des applications libres en utilisant le magasin d'applications F-Droid (et pour les exceptions, il est possible d'utiliser Yalp Store ou Aurora Store).

Autres outils intéressants :

Traduction

Google Traduction, même s'il s'agit d'un très bon service, est un outil de Google, que nous allons donc tâcher d'éviter. Voici comment :

Malheureusement, DeepL et Linguee ne sont pas libres, mais cela permet tout de même de diversifier les sources.

Si les traductions ne vous conviennent pas, vous pouvez toujours les croiser avec d'autres outils comme Yandex Traduction, Bing Traduction et Google Traduction. Et oui, en effet, il s'agit des outils que nous souhaitons éviter, mais il est parfois intéressant de croiser les sources. De plus, ces outils proposent actuellement plus de langues que DeepL.

Messagerie

Service de messagerie

Les services de messagerie les plus utilisés sont ceux de GMail, Outlook, Laposte ou ceux des fournisseurs d'accès internet.

Cependant, dans tous ces cas, vos conversations peuvent être lues. L'idée est donc de trouver un service qui chiffre vos messages ou qui respectent votre vie privée en garantissant ne pas lire vos messages. En voici quelques-uns :

Protonmail : Client web libre/open source, facile d'utilisation. Disponible en version gratuite avec un espace de stockage de 500 Mo (bien suffisant pour un usage simple ; encore plus si on efface ses messages). Et pour quelques euros par mois, un plus grand espace disponible ainsi que d'autres avantages. Données enregistrées sur des serveurs en Suisse.

Tutanota : 1 Go de stockage gratuit et plus pour quelques euros par mois.

disroot.org : Entièrement gratuit, financé par les dons.

mailbox.org : 2 Go d'espace de stockage à partir d'un euro par mois.

Posteo : 2 Go d'espace de stockage à partir d'un euro par mois.

Mailden : Trois euros par mois.

StartMail : 10 Go de stockage pour environ cinquante euros par an. Données enregistrées sur des serveurs en Allemagne.

Net-C : Gratuit. Basé en Europe.

Lilo Mail : Gratuit, hébergé en France, avec le respect de la vie privée et de l'environnement comme priorités.

MsgSafe

Changer d'adresse électronique est moins délicat qu'il n'y parait, voici une idée de procédure à suivre :

Ainsi, vous continuerez à recevoir les messages qui atterrissent sur votre ancienne boite de messagerie, et peu à peu, votre ancienne boite de messagerie sera oubliée (par vous et par les services que vous utilisez).

Voir une liste de services de messagerie conseillés par Damien sur Blog-Libre.

Client de messagerie

Le client de messagerie, à l'opposé du webmail qui vous permet de lire vos courriels via un navigateur, vous permet de lire vos courriels via un logiciel. Le client le plus connu est Outlook (appartenant à Microsoft). Voici quelques alternatives.

Clients que j'ai pu tester :

Clients que je n'ai pas testé :

Discussion en ligne

Le domaine de la discussion en ligne est assez chaotique et part un peu dans tous les sens. Mais voici quelques alternatives intéressantes.

Discussions textuelles

Skype appartenant à Microsoft et Discord n'étant pas tout rose, il est nécessaire de trouver des alternatives. En voici quelques-unes :

IRC : Il s'agit d'un protocole dont voici quelques projets l'utilisant :

XMPP : Il s'agit là aussi d'un protocole. Voici quelques projets l'utilisant :

Mattermost : Ressemble beaucoup à Discord, excepté que là, chacun peut installer une instance (exemple d'instance : Framateam).

Matrix : Là aussi, il s'agit d'un protocole, dont le principal usage actuel est Riot. Il ressemble beaucoup à Mattermost : chacun peut créer une instance (exemple d'instance : instance officielle).

Tox : Logiciel gratuit et libre. Conversations chiffrées.

Rocket.chat : Ressemble lui aussi beaucoup à Mattermost : chacun peut créer une instance.

Wire : Gratuit, libre. Conversations chiffrées.

Gitter : Gratuit, libre.

Signal (sur mobile seulement) : Entièrement libre. Le tout est assez classique. Il permet de discuter avec un chiffrement de bout en bout.

Ring : Article intéressant sur le sujet : https://www.libre-parcours.net/post/silence-ou-signal/

Delta Chat (sur mobile seulement pour l'instant)

Ensichat (sur mobile seulement)

Zulip

Miaou

Talkyard

Une autre alternative existe, mais elle est plus controversée, il s'agit de Telegram : le client est libre mais le serveur est propriétaire. De plus, par défaut, les conversations ne sont pas chiffrées.

Discussions audio/vidéo

Tous les logiciels ci-dessus ont aussi une fonction audio/vidéo. Mais voici ceux qui sont le plus adaptés à cela :

Cependant, certains sont spécialisés là-dedans et ne font que ça :

Ce n'est pas exhaustif, mais c'est déjà une bonne base.

Toutes ces alternatives permettent de se passer de logiciels comme Messenger, Slack, Hangouts, etc.

SMS/MMS

Plutôt que d'utiliser l'application SMS/MMS de base de téléphone, il est possible d'utiliser d'autres services, qui permettent de chiffrer vos messages dans le cas où l'utilisateur avec qui vous discutez utilise la même application que vous. Si l'utilisateur n'utilise pas la même application que vous, cela ne fera que remplacer l'application SMS/MMS de base, l'utilisation sera la même. Donc, un tel remplacement est transparent pour vous comme pour vos contacts.

Transfert de fichiers

Pour le transfert de fichiers, il est possible de passer par un service comme WeTransfer, sauf que :

Pour cela, il y existe les alternatives suivantes qui corrigent tous les points présentés ci-dessus :

D'autres alternatives existent mais ne corrigent pas tous les points précédents (seulement quelques-uns) :

Réseau social

Bon, il faut l'avouer, se passer de tout ce qui a été dit précédemment est parfois assez difficile, mais le réseau social est le plus délicat, car il faut arriver à faire déplacer ses contacts vers un autre réseau, chose très difficile, mais parlons ici simplement de quelques alternatives :

*Diaspora** : Diaspora* (aussi nommé D*) est un réseau social décentralisé, c'est-à-dire qu'il est composé d'instances : il n'y a pas un point central qui possède toutes les données comme les réseaux sociaux connus, mais qu'il y a plusieurs nœuds qui communiquent entre eux : tout le monde ayant la possibilité de créer un nœud (avec des connaissances techniques). Il permet de remplacer Facebook.

Présentation non exhaustive des pratiques de Facebook : https://joachimesque.com/blog/2018-03-24-il-faut-se-méfier-de-facebook-version-rapide

Quelques instances :

Mastodon : Mastodon est un réseau social décentralisé comme Diaspora*, mais qui ressemble plus à Twitter.

Voici quelques instances :

La vie privée est mieux préserver quand l'application est décentralisée, car les données sont éparpillées un peu partout, et il est possible de ne pas se connecter à des instances si on le souhaite, pour par exemple créer un petit réseau social d'entreprise ou d'association. Aussi, votre IP est enregistrée sur le serveur de votre instance et pas sur les autres.

Édition collaborative de documents

Pour l'édition de document en ligne ou en collaboration, il est d'habitude de passer par des services comme Google Docs ou Office Online, respectivement des services de Google et Microsoft. Mais il existe des alternatives, certes moins abouties pour l'instant, mais qui ont l'avantage de ne pas vous pister, et d'alimenter la concurrence :

CryptPad : Éditeur de texte, éditeur de code, édition de diaporama et création de sondage. Il propose en plus un « drive », équivalent de Google Drive, qui permet de stocker des fichiers en ligne (50 Mo gratuits).

Framapad et Framacalc : Framapad permet l'édition de documents textes. Il s'agit d'une instance d'Etherpad parmi d'autres.

Framacalc permet l'édition d'un tableur. Il s'agit d'une instance d'Ethercalc.

Personal ONLYOFFICE semble aussi être une alternative intéressante pour l'édition collaborative de documents.

Suivre l'actualité

Si vous souhaitez suivre l'actualité de certains sites, inutile d'aller visiter chaque jour le site en question, inutile d'utiliser Google Actualités, Facebook ou Twitter, il suffit d'utiliser un agrégateur de flux RSS.

Un flux RSS, c'est un fichier fournit par un site internet qui liste les actualités/activités du site. Ces fichiers ne sont pas à destination des humains mais plutôt à destination des agrégateurs (logiciels).

La procédure à suivre est très simple : vous vous inscrivez sur un site agrégateur puis vous listez les sites dont vous souhaitez suivre l'actualité. Ensuite, dès qu'il y aura une activité (par exemple, un nouvel article de blog, une actualité...), vous en serez averti.

Voici une liste d'agrégateurs :

NewsBlur

Thunderbird : En plus d'être un client de messagerie, le logiciel fait aussi office d'agrégateur.

CommaFeed

QuiteRSS

Liferea

Akregator

Sismics Reader

FeedReader

Une autre alternative est Claws Mail, qui, comme Thunderbird, est un client de messagerie, mais il peut aussi faire agrégateur, avec l'extension « RSSyl ».

Il est aussi possible, pour remplacer Google Actualités, d'effectuer une recherche sur Qwant, qui a une interface dédiée à l'affichage des actualités. DuckDuckGo fait aussi cela, mais il semble que ce soit réservé à l'anglais pour l'instant.

Un article qui aide à la transition d'abonnements YouTube vers l'utilisation d'un flux RSS. La cloche de Youtube? Je m'en fous

Musique

Pour remplacer Spotify et Deezer, il est possible d'utiliser Bandcamp. Bandcamp rémunère mieux les artistes, mais vous y trouverez plus d'artistes indépendants et moins de musiques de grosses industries (pas de VEVO par exemple). Il est bien sûr possible d'utiliser deux (ou plus) plateformes de musique simultanément.

Aller plus loin

Privilégiez :

Évitez :

Etc. etc. etc.

Quelques liens intéressants

Et ainsi de suite

Il y a tellement de domaines, tellement d'offres, que je n'ai pas tout essayé, et être exhaustif est impossible.

Aussi, je n'ai pas cité mes sources, car je n'ai pas de réelles sources. Il s'agit plus d'outils que j'ai découvert aux travers d'articles ou que j'ai recherché. Si vous souhaitez en savoir plus sur un outil présenté, je vous invite donc à recherche plus d'informations sur celui-ci sur internet.

Si vous pensez qu'il manque la présentation d'un outil, d'une section complète, qu'une description est mauvaise, qu'un outil ne devrait pas être présent, qu'il y a une faute d'orthographe ; bref, pour un peu tout, n'hésitez pas à me contacter.

Pour les utilisateurs plus expérimentés, je conseille en supplément la lecture de Se protéger du pistage, pour les utilisateurs expérimentés.